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La mort d'Albert Ier le Roi Chevalier


Le 17 février 1934,

Albert Ier ‹ dit le Roi Chevalier ‹

se tuait au cours d'une escalade

sur les bords de la Meuse,

plongeant la Belgique dans l'affliction.

Son corps fut retrouvé tard dans la nuit

et la terrible nouvelle n'éclata que le 18 à l'aurore.


A l'occasion du 60e anniversaire de la disparition

du Souverain belge,

un journal bruxellois rappelait que ce même 17 février 1934,

à l'heure de la chute qui causa le décès du Roi,

au cours d'une conférence faite au célèbre collège Saint-Michel,

sis dans la capitale,

un père jésuite ‹ par un étrange lapsus

‹ parla «de la mort admirable du Souverain »,

fait que, bien évidemment,

il ignorait totalement...


Or, il se fait qu'un historien,

témoin de l'événement dont il a transcrit les détails,

en donne une version qui dépasse l'entendement.

Cette narration prouve combien l'Histoire,

même récente,

est souvent sujette à caution !

Suivant ce témoignage de première main,

il ne s'agissait nullement d'un jésuite,

mais bien du père Samson,

oratorien, disciple du père Labertonnière,

très en vogue à cette époque de l'immédiat Avant-Guerre.

Au cours d'une conférence

dont le sujet était précisément la mort,

l'orateur ‹ après avoir cité quelques exemples de morts célèbres ‹

s'était livré à une improvisation pour le moins surprenante,

s'interrogeant sur ce que serait «la mort de votre admirable roi Albert».

Jamais il ne prononça les termes :

«L'admirable mort du Roi Chevalier» !

Ceci démontre de façon péremptoire qu'en l'occurence,

il ne s'agissait nullement d'un lapsus...

mais de quoi, alors ?

Mystère !

 

 

 



Lundi 21 juillet 2008
par Jean-Guy publié dans : Textes communauté : Textes Humoristiques
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La vengeance de Saint Hernier


Saint Hernier ou saint Ernier,

(parfois même saint Ernest)

est un saint sauvage non reconnu par l'Église

mais dont la réputation est restée bien vivace

aux confins de la Normandie et de la Bretagne profonde.

Réputé protéger de la foudre et de la grêle,

on retrouve parfois sa statue naïve,

sculptée dans le chêne,

au fond de quelques églises à l'écart des grand'routes.

On le représente avec un seul bras,

le gauche,

on le fête soit le 13 août,

soit le 23,

mais comme par un fait exprès, ce jour-là,

les curés, selon les consignes de la hiérarchie,

interdisent la procession traditionnelle.

Parfois,

des paroissiens outrés

par le refus de perpétuer cette tradition millénaire,

s'insurgent, murmurent mais n'osent pas désobéir.

Alors il arrive que le saint prenne lui-même ses intérêts en main.

A L. (Finistère), le dimanche de "sa" fête,

saint Hernier déclencha dès le matin, un orage terrifiant.

Une pluie diluvienne,

des grêlons gros comme des noix,

des toitures emportées par le vent ou effondrées,

la foudre incendiant des granges qui partent en fumée,

voilà qui fait jaser.

Il paraît même qu'à la sortie de la grand messe,

le prêtre fut jeté à terre par l'ouragan.

Il eut si peur qu'il rétablit la procession prohibée

et qu'il en prit la tête l'après-midi même, en clopinant.

On dit aussi qu'il guérit des hernies,

qu'il réduit les fractures,

qu'il redonne la virginité aux filles perdues.









Lundi 21 juillet 2008
par Jean-Guy publié dans : Textes communauté : Textes Humoristiques
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Vampire de l'intelligence


Dans les dernières années du XIXe siècle,

un officier supérieur de la police anglaise

s'intéressa à un certain Douglas Smith,

un vagabond qui prétendait être âgé de cent-cinquante ans.

Cet homme qui vivait misérablement,

sans domicile fixe,

dont les traits étaient marqués par la vieillesse,

au parler généralement fruste,

retrouvait inexplicablement,

à certaines époques,

une apparence jeune et une vive intelligence.

Or, à plusieurs reprises,

le constable qui mit plusieurs agents de la force publique sur l'affaire,

constata que la résurrection apparente de cet individu

coïncidait toujours avec la mort apparemment naturelle

d'un vagabond avec qui cet inquiétant clochard

partageait sa misérable vie.

Intrigué par ces faits bizarres,

le constable étudia durant plus de dix ans

l'étrange comportement du personnage,

observa ses allées et venues,

nota minutieusement ses faits et gestes.

Il arriva à la conclusion que

«sans qu'il y eut des faits de vampirisme physique avérés,

le sieur Smith parvenait à opérer à son profit

une sorte de transfert psychologique de l'énergie vitale

et des facultés intellectuelles des personnes qu'il côtoyait,

opérant ainsi à leur détriment, sa propre régénération».

Lorsque le constable remit son rapport à ses supérieurs hiérarchiques,

on le prit pour un fou et il fut mis d'office à la retraite.

 

 

 




Lundi 21 juillet 2008
par Jean-Guy publié dans : Textes communauté : Textes Humoristiques
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Je ne suis pas sur la photo

Il y a quelques mois

je me trouvais à une garden-party chez des amis.

La réunion était très gaie.

A un moment donné,

l'un d'entre nous proposa de faire une photo souvenir

de notre groupe au polaroïd.

La photo prise,

je me rendis compte qu'elle circulait de mains en mains

sans que personne ne se décidât à me la montrer.

Mes amis chuchotaient entre eux

tout en me regardant à la fois d'un air bizarre.

Quand je pus enfin l'intercepter,

je m'aperçus avec surprise et effroi

que l'emplacement de mon image entre mes amis était resté vide,

absolument vide,

comme si je n'existais pas...

 

 

 



Lundi 21 juillet 2008
par Jean-Guy publié dans : Textes communauté : Textes Humoristiques
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L'amputation


Un chirurgien hindou Dhiren Bhatvadekar

avait connu un dur échec dans la journée.

Obligé d'amputer pour la troisième fois un homme

dont la jambe était atteinte par la gangrène,

il eut la malchance de voir son patient mourir sur la table opératoire.

Le soir, en rentrant à la maison,

il se coucha sans dîner et s'endormit aussitôt,

fatigué par la rude journée qu'il venait de vivre.

Au milieu de la nuit,

il vit son épouse l'accueillir en habits de deuil,

vêtue de blanc.

Et, à sa grande surprise,

il l'entendit parler avec une drôle de voix,

une voix d'homme :

«Dhiren, qu'as-tu fait de ma jambe ?»

Le praticien pensa qu'il faisait un cauchemar.

Il se releva sur sa couche,

avança dans la pénombre une main vers sa femme

assise auprès de lui dans la position du lotus,

et la toucha.

Il sentit sa chair tiède et familière sous ses doigts.

«Chérie, c'est toi ?

- Ne me touche pas ! s'écria-t-elle

toujours de sa voix profonde et masculine.

Je ne suis pas ta femme,

je suis Vargha Mathar,

l'homme dont tu as volé la jambe et que tu as tué !»

Ahuri,

le Dr Bhatvadekar alluma

et se pinça pour se rendre compte

s'il était bien réveillé.

Il l'était,

et son épouse immobile,

assise en tailleur,

le regardait, les yeux fixes.

Alors, il lui parla :

«Si tu es bien Sahib Vargha Mathar, dis-moi où tu es ?

Je suis ici, dans ta femme,

et je resterai en elle

jusqu'à ce que tu m'aies accordé de dignes funérailles !

 

 

 

 










Lundi 21 juillet 2008
par Jean-Guy publié dans : Textes communauté : Textes Humoristiques
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